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Hôtellerie-restauration : 3 apprentis sur 10 déclarent avoir déjà fait une tentative de suicide

Publié le 20 mai 2019 - Modifié le 30 mai 2019

Femme cuisinière déprimée, stressée et en dépression, accoudée à un bar de restaurant

Les métiers de l’hôtellerie-restauration sont particulièrement soumis à un rythme de travail intense, source de stress, d’anxiété voire de mal-être plus profond. D’ailleurs, ce secteur professionnel constitue l’un des plus exposés aux pensées suicidaires et aux tentatives de suicide. Ainsi, en 2014, 31% des apprentis de l’hôtellerie-restauration déclaraient avoir déjà fait une tentative de suicide1. Des situations de souffrance alarmantes qui, lorsqu’elles ne sont pas détectées à temps, peuvent conduire au suicide. Voici quelques pistes de réflexion pour détecter les facteurs de risque et les prévenir.

Détecter les principaux facteurs de risque suicidaire dans l’hôtellerie-restauration

En France, la moitié des arrêts maladies serait liée au stress, preuve de la relation ambivalente des salariés avec leur profession2. Si le travail peut constituer une source d’épanouissement, il peut donc rapidement devenir une des principales causes de stress. L’hôtellerie-restauration n’y échappe pas et, comme tous les secteurs professionnels, les salariés s’y sentent parfois découragés (55%) ou se plaignent d’être confrontés à des clients agressifs (51%)3.

Des pressions internes, un poste inadapté au profil du salarié, la concurrence entre collègues, un manque de moyen, peuvent aggraver ce sentiment et créer un stress chronique responsable de dépression et d’actes, appelés conduites suicidaires (idées suicidaires, tentatives de suicide). Selon l'Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS), « près de 70% des personnes qui se suicident souffraient d’une dépression, diagnostiquée ou non ».

Chef cuisinier déprimée et soucieux croise les mains sur la table de son restaurant

À noter toutefois que certains suicides ne sont pas la conséquence d’un état dépressif ou de stress, mais un passage à l’acte brutal lié à un élément déclencheur (changements dans l’entreprise, harcèlement, etc.). Toutefois, lorsque certains signes extérieurs de mal-être, parfois préalables aux idées et actes suicidaires, peuvent être détectés (isolement, burn-out, anxiété, troubles du sommeil…), certaines démarches permettent de les prévenir.

Prévenir les tentatives de suicide et les suicides dans l’hôtellerie-restauration

Comme tous les employeurs, les responsables du secteur de l’hôtellerie-restauration sont tenus de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale de leurs salariés. Dans ce cadre, la prévention des tentatives de suicide et des suicides s’inscrit dans une démarche globale de prévention des risques psychosociaux (stress, violences telles que insultes et harcèlement sexuel ou moral…). Ainsi, lorsqu’un employeur détecte un mal-être au travail, un état de burn-out ou une souffrance mentale ou physique, il pourra prendre des mesures telles que :

  • L’adaptation ou la modification du poste de travail ;
  • La mise en oeuvre de mesures d’amélioration de la situation et des conditions de travail.

D’autres interlocuteurs, internes ou externes, peuvent également venir en aide aux salariés en souffrance : service de santé au travail, représentants du personnel, médecin traitant, organisation syndicales, etc. Dans le cas échéant, une orientation vers un spécialiste (psychiatre, psychologue, médecins spécialisés dans les pathologies et la souffrance professionnelles) pourra être préconisée.

Femme cuisinière tente de se suicider au travail

Si, malgré certaines mesures de prévention et le respect des règles applicables en matière de sécurité et de santé, un suicide ou une tentative de suicide intervient dans une entreprise de l’hôtellerie-restauration, il convient de réagir en urgence. En effet, ces actes, d’une violence extrême, peuvent être très traumatisants pour le reste de l’équipe. Une prise en charge psychologique peut être proposée ainsi qu’une analyse plus approfondie de l’événement. Celle-ci vise notamment à proposer des actions adaptées, et un état des lieux des facteurs internes, pouvant être à l’origine d’un tel passage à l’acte.

Sources :

  1. Tableau de bord suicides et tentatives de suicide - 2014 - ORS Poitou-Charentes
  2. Source : Confédération française de l’encadrement - Confédération générale des cadres (CFE-CGC)
  3. Baromètre stress de la CFE-CGC