Professionnels de l'hôtellerie restauration : comment mieux gérer son stress ?

Publié le 30 juillet 2018 - Modifié le 18 septembre 2018

Brigade de cuisine en plein service

Tensions dans les équipes, stress du coup de feu, exigences des clients… Autant de facteurs pouvant créer des perturbations chez les professionnels de l’hôtellerie et de la restauration. Quelles sont les risques ? Un important turnover et des arrêts maladie. Comment faire pour enrayer le phénomène ? Voici quelques pistes à suivre.

 

Les professionnels de l’hôtellerie restauration face au stress

Les métiers de l’hôtellerie restauration seraient particulièrement concernés par le stress au travail. Ce secteur demande en effet une grande implication de ses salariés. Entre les coups de feu en cuisine, la volonté d’exigence à tous les niveaux, le besoin de productivité ou encore les petits problèmes du quotidien, les causes de stress sont multiples.

 

D’où vient le stress ?

Imaginons Paul, cuisinier bordelais de 43 ans. Tous les jours, Paul est exposé à de nombreux risques. Dans la précipitation du coup de feu, et malgré ses chaussures de sécurité antidérapantes, Paul peut glisser sur le sol humide et chuter de sa hauteur. Dans l’hôtellerie restauration, les chutes sont l’une des principales causes d’accidents*. Pendant la préparation des plats, notre cuisinier bordelais manipule des ustensiles coupants, tranchants, chauffants… autant de matériels à l’origine de blessures ou d’accidents.

Si l’exercice du métier en lui-même entraine des situations de stress chez les professionnels de l’hôtellerie restauration, l’environnement de travail joue également un rôle.

Tout au long de la journée, Paul réceptionne de la marchandise, effectue des commandes, prépare son service… La manipulation de charges lourdes, les gestes répétitifs, et l’adoption de postures parfois pénibles sont donc fréquents, et génèrent des risques d’accidents et de TMS (troubles musculo-squelettiques)

Mais ce n’est pas tout ! Et si Paul ne s’entend pas bien avec ses collègues… Si les rapports avec la clientèle sont tendus… Pensez-vous que ce contexte puisse être source de stress pour notre cuisinier ? Sans doute que oui. C’est ce qu’on appelle les risques psychosociaux. Sont aussi compris dans ce type de risques la surcharge de travail, les ordres contradictoires ou encore les interruptions incessantes.

Enfin, comme la majorité des professionnels de la restauration, Paul est fréquemment exposé à un niveau de bruit élevé (supérieur à 80 décibels). Un tel niveau de bruit est source de fatigue, et de stress. Aussi, dans ces conditions de travail, réaliser des tâches délicates ou demandant de la concentration deviennent plus compliquées, et toute communication orale, avec des collègues ou des clients peut être plus ou moins entravée. Ce bruit peut provenir des clients en pleine discussion, de la musique de fond, ou encore des machines en cuisine.

Les facteurs de stress peuvent donc être de nature interne, comme nous venons de le voir, mais aussi de nature externe. En effet, les petits ou les gros tracas de la vie quotidienne peuvent provoquer du stress et de la nervosité au travail. Néanmoins, le stress n’est en aucun cas une fatalité. Il existe des solutions pour apprendre à le gérer.

 

Serveuse qui porte une assiette de pâtes
 

Stress : apprenez à le gérer

Il est possible de limiter le phénomène de stress au travail en adoptant quelques bons réflexes :

  • Communiquer. La journée est faite d’interactions avec les autres. Or, bien souvent, le stress peut naître d’un simple défaut de communication. Dès lors, pour un bon esprit d’équipe, il faut veiller à toujours bien communiquer.
  • Faire une chose à la fois. Les actions multiples ont un effet négatif sur l’attention générale. Aussi, il faut prendre l’habitude de gérer une tâche après l’autre, en commençant par les plus urgentes. Chaque mission sera ainsi mieux effectuée.
  • Ne pas penser à ses problèmes personnels. Pas toujours simple ! Pourtant, emporter ses soucis avec soi fait perdre le fil de ses tâches et affecte forcément la productivité. Lors d’une contrariété, sortir ou aller aux toilettes deux petites minutes peut être une bonne solution pour évacuer cette émotivité.
  • Adopter des attitudes positives. Essayer de tourner la situation sous un angle favorable. Il ne tient qu’à nous-même de regarder les choses du bon côté, car il en existe toujours un. Il faut savoir que le stress est principalement issu de facteurs psychologiques. Alors, il faut le combattre sur son terrain !

Aussi, il faut en finir avec la procrastination. Reporter une tâche au lendemain est générateur de stress, car vous le savez, repousser ne fait que reporter le « problème » à plus tard. Si une tâche est fastidieuse ou rebutante, pourquoi ne pas la scinder ? De cette façon, il est possible de la réaliser par petits bouts, et ne pas la reporter au lendemain.

  • Avoir un bon rythme de vie et ne pas délaisser sa vie personnelle. Soigner son hygiène de vie est très important. Fatigue et mauvaise alimentation sont des amplificateurs de stress. Il faut donc veiller à dormir suffisamment, équilibrer son alimentation, et ainsi nous donnons à notre corps toutes les ressources nécessaires pour mener à bien une activité professionnelle.

En complément d’avoir une hygiène de vie équilibrée, il faut aussi avoir une vie équilibrée. Pour cela, il faut maitriser son temps de travail, et garder suffisamment de place pour vos proches et vos plaisirs personnels.

Managers, vous avez un rôle à jouer contre le stress

Le rôle des managers est très important pour concilier excellence de l’établissement et sérénité des salariés. Bien sûr, il y a le bon et le mauvais stress. Et contre ce mauvais stress, certaines solutions peuvent être envisagées. Parmi celle-ci, une formation des managers (et plus largement l’ensemble de l’équipe) à la gestion du stress permet d’être sensibilisé à ce phénomène et de comprendre comment mieux gérer les moments à forte tension. Ces formations peuvent aussi être intéressantes dans le sens où elles apprennent comment ne pas transmettre une mauvaise énergie aux collaborateurs.

Une bonne organisation permet aussi de limiter les risques de stress. Véritable chef d’orchestre, il est du devoir du manager d’assurer une bonne répartition du travail et des tâches en cuisine et/ou en salle.

Enfin, comme évoqué précédemment, le bruit est source de fatigue et de stress, en plus d’être un risque pour votre santé (perte d’audition). Avant d’acheter du nouveau matériel, pensez à vérifier les niveaux d’émission sonore des appareils. Contre le bruit, il est aussi possible d’installer des matériaux absorbant le son. C’est ce que l’on appelle effectuer un traitement acoustique du local. Par exemple, vous pouvez installer des panneaux absorbants ou encore des socles antivibratiles sous les équipements.

 

Savoir identifier les facteurs de stress et apprendre à le gérer ou encore bien communiquer sont autant de clés pour travailler dans les meilleures conditions possibles en hôtellerie restauration. Les formations peuvent aussi être un bon levier pour aider à travailler plus sereinement !

 

*http://www.inrs.fr/metiers/commerce-service/hotel-restaurant.html