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Restaurateurs, artisans, commerçants : comment gérer ses émotions en période de Covid-19 ?

Publié le 1 octobre 2020 - Modifié le 19 octobre 2020 Par Sylvie Serre, Sandrine Fabre-Rubinstein, Amandine Gonzalez-Culebras

homme portant un masque qui regarde à travers une vitre

La crise du Covid-19 a très durement impacté les professionnels notamment les restaurateurs, commerçants et artisans. Durant la période de confinement, de nombreuses situations de risques psychosociaux se sont développées et bien plus encore à la reprise d’activité.

Les nouvelles mesures annoncées chaque semaine par le gouvernement face à l’épidémie de Covid-19 bouleversent régulièrement le comportement des consommateurs et le contexte d’exercice des professionnels de l’alimentaire. Cela peut entraîner chez eux des symptômes de stress au quotidien qui peuvent se dégrader s’ils ne sont pas traités à temps.

La MAPA souhaite proposer aux restaurateurs, commerçants et artisans de proximité quelques conseils. Le premier de ces conseils porte sur l’attention portée aux émotions au travail.

Gérer au mieux la reprise d'activité chez les artisans, commerçants et restaurateurs

La crise sanitaire actuelle affecte les professionnels de l’alimentaire sur le plan de la santé au travail et encore aujourd’hui avec la mise en place de nouvelles modalités d’organisation :

  • mesure de distanciation sociale,
  • port du masque,
  • limitation de clientèle en magasin…

La fatigue liée au travail s’accumule alors que la période reste marquée par une forte incertitude.

Comprendre les risques psychosociaux post-confinement

À l’heure de la reprise du travail et la poursuite de l’activité pour les professionnels, des troubles plus ou moins sévères liés à l’incertitude de la situation ont fait surface. Certains facteurs de risques psychosociaux apparaissent et ont des effets directs sur l’activité.

Les risques psychosociaux, ce sont les risques liés à la santé physique et mentale des travailleurs. Ils peuvent se manifester suivant la situation de travail et les conditions qui s’y trouvent. Dans un contexte inédit de crise sanitaire, la peur de tomber malade ou encore les mesures liées à la reprise d’activité ainsi que toutes les autres formes d’appréhension sont une source de stress non-négligeables.

Il s’agit parfois de petits signes qui doivent être pris au sérieux lorsqu’ils apparaissent et encore plus en période de crise : colère, peur, déprime, stress, fatigue, sentiment d’isolement… Parce que le stress n’est pas fait pour être constant.

Ce n’est pas psychologique mais chimique, c'est un jeu des hormones et des neurotransmetteurs. Mais dans un contexte d'incertitude, de manque de visibilité, le stress peut être sans relâche, avec parfois des pics, et s’il perdure des mois peut devenir dangereux pour l’organisme.

Si le stress ou les émotions associées se manifestent au quotidien, elles peuvent se transformer en états permanents et génèrent alors un cercle vicieux. Par exemple, la peur devient angoisse, anxiété, nervosité… Ces composants auront des conséquences considérables au travail mais aussi sur la santé de la personne concernée.

Le plus important reste d’être attentif à tout changement de comportement et d’agir face à ces émotions de la façon la plus appropriée, que ce soit pour vous ou vos collaborateurs.

serveuse tenant une pancarte fermé dans un restaurant

Comment repérer les signes ?

Les émotions passent par le corps et on les ressent physiquement. Le corps peut réagir à travers plusieurs signes :

  • Fatigue, malgré les 2 mois d’arrêt Covid-19
  • Troubles du sommeil
  • Troubles musculo-squelettiques (dos, cervicales)
  • Une boule dans le ventre qui va et qui vient
  • Un état émotionnel différent, plus fort que d’habitude
  • Une absence d’émotion
  • Des troubles de mémoire, de concentration, d’attention
  • ....

Des signes physiques, émotionnels, cognitifs et relationnels qui font que vous avez du mal, ou que les autres ont du mal à vous reconnaître.

Si vous rencontrez un de ces signes et qu’ils perdurent, consultez un médecin et s’ils se manifestent chez l’un de vos collaborateurs, engagez-le de manière subtile, à consulter lui aussi.

De même, si votre état émotionnel a changé et vos émotions sont plus fortes que d’habitude ou au contraire si vous constatez une absence d’émotion comme si vous étiez indifférent à ce qui arrive aux autres, à vous-même, parlez-en à quelqu’un. Agir rapidement permet de limiter les risques plus ou moins graves, car la crise sanitaire a été et est toujours très éprouvante pour le corps et/ou le psychisme, le mental, le moral.

Quelles sont les conséquences ?

Ces états physiques ou émotionnels s’améliorent rarement avec le temps et nécessitent une prise en charge. En laissant de côté ce problème, la situation risque d’empirer et provoquer des conséquences néfastes autant dans la vie professionnelle que privée :

  • Absentéisme qui peut s’aggraver dans le temps
  • Baisse de la productivité des salariés
  • Erreurs récurrentes dans les tâches
  • Mauvaise ambiance de travail
  • Burnout

La meilleure façon d’y faire face c’est d’accepter l’émotion.

En effet, tant que vous ne la reconnaîtrez pas et ne prendrez pas en compte l’alerte qu’elle vous lance, elle cherchera à se manifester de plus en plus fort jusqu'à ce que vous ressentiez non plus des manifestations, mais de véritables des troubles physiques.

La gestion des émotions post-confinement

Même en temps normal, prenez l’habitude d’écouter votre corps. En cette période de Covid-19, nos émotions sont bousculées, et les comprendre peut être un bon moyen de mieux gérer la situation au travail et éviter les troubles psychologiques et physiques.

Les émotions sont un signal pour vous engager à agir dans une situation qui n’est pas bonne pour vous et peuvent se présenter sous divers symptômes : les sueurs froides, le dos bloqué, les larmes... par exemple. Car c'est bien par le corps que passent toutes les émotions.

De la même manière, il est important d’observer des changements physiques chez vos collaborateurs, qui peuvent avoir un lien avec un mal-être au travail et/ou un stress permanent.

Comment diriger et manager en période de post-confinement ?

En tant que chef d'entreprise, vous savez ce qu’est un capital : le capital matériel, votre entreprise, votre commerce, votre activité. Et le capital humain ? C’est vous !

Bien souvent, quand on est dirigeant on a tendance à ne pas s’écouter. Et si aujourd’hui on vous l’autorisait ? Face aux derniers évènements, le bien-être et la relation au travail entre collaborateurs sont d’autant plus importants. La mise en place d’actions est un bon moyen de favoriser le retour au travail des salariés et de retrouver progressivement ses repères d'avant le confinement et d’en créer de nouveaux.

D’une manière générale, organisez à l’avance la prise en compte de ces attentions à vous-même, à vos collaborateurs. Y pensez au moment où la tension se produit vous fera consommer un temps précieux et de l’énergie.

  • Lors de changements d’activité, informez, et prenez en compte les besoins et les difficultés de vos collaborateurs et les vôtres
  • Appréhendez les peurs des collaborateurs sur les mesures de distanciation et les  changements de conditions de travail. Pour surmonter l’angoisse, l’anxiété et la nervosité, il faut avant tout distinguer la peur qui se cache derrière et agir avec des actions destinées à baisser le niveau de stress : parler, résoudre ensemble le problème, faire appel à des tiers.
  • Optez pour une communication transparente de la situation
  • Favorisez la communication entre les collaborateurs et vous
  • Effectuez des pauses régulières : repérez les moments où vous ou vos collaborateurs avez une baisse de régime, physique ou émotionnelle, et au bout de combien de temps
  • Bougez, buvez, faites quelque chose qui vous fait plaisir que ce soit un moment de plaisir, détente, même 3,5 minutes.
  • Effectuez une activité physique, pour soulager le corps, le cerveau, tout en activant la « dopamine » hormone qui donne de l’énergie, de la capacité de résolution.
  • Évitez la surcharge de travail après une longue durée d’absence
  • Valorisez et reconnaissez les efforts de chacun
  • Rassurez et motivez ses collaborateurs en les associant à l’élaboration des solutions

Vous pouvez les aider à clarifier, à agir là où ils en ont la possibilité. Quand cela ne dépend pas d’eux (un client désagréable, une trop forte affluence…), parlez-en, favorisez la création d’idées et mettez-les en commun. Cela leur permettra de se sentir considéré, et les soulagera de partager et peut-être, vous-même, cela vous soulagera.

Et, si les idées de vos collaborateurs ne sont pas parfaites... est-ce si grave au fond ? Vous avez traversé tant d’épreuves qui vous ont obligé à lâcher le contrôle, que vous pourriez peut-être y prendre goût et essayer sur des domaines où ça peut vous soulager.

Que faire en cas de souffrance d'un salarié ?

Il n’est pas toujours évident d’apercevoir les signaux de mal-être chez un collaborateur mais si c’est le cas, il est important d’agir et rapidement, pour cela : 

  • Prendre au sérieux les souffrances qu’elles soient physiques ou morales
  • Proposer une aide et une écoute
  • Aider les collaborateurs en favorisant des actions communes

Les ressources ? Le médecin généraliste du collaborateur, l’entourage, la solidarité, l’équipe.

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