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Le cashback chez les commerçants

Publié le 8 novembre 2018 - Modifié le 15 mai 2019

Commerçant qui rend des espèces à un client

Le cashback arrive chez les commerçants français

Le cashback se pratique couramment dans certains pays de l’Union européenne. Ce service arrive en France, dans les magasins et commerces de proximité. Commerçants, vous pouvez ainsi désormais délivrer de l’argent en liquide à vos clients quand ils paient par carte bancaire !

MAPA Assurances vous en dit plus sur les modalités du cashback dans vos commerces

Sommaire : 

A - Le cashback, définition

  1. Comment ça fonctionne ?

B - Le cashback dans la législation

C - Le cashback en pratique

  1. Le cashback en Union européenne
  2. Les modalités d’application du cashback
  3. Le cashback : service gratuit ou payant

D - Pourquoi proposer le cashback ?

  1. Les avantages du cashback pour les commerçants
  2. Les avantages du cashback pour les clients

E - Problématiques liées au cashback

  1. Le cashback dans l’air du temps ?
  2. Problématiques liées à la circulation d’argent liquide
  3. Le déploiement du cashback

Le cashback, définition

Comment ça fonctionne ?

Le terme « cashback » est l’équivalent anglais de « remise d’argent ». Il se définit par le retrait d’espèces dans les magasins, notamment dans les enseignes alimentaires et commerces de proximité. Pour retirer de l’argent liquide chez un commerçant, le client est dans l’obligation de faire un achat. Il paie un article par carte bancaire à un montant supérieur à son prix. Le commerçant lui remet alors la différence en espèces.

Exemple : votre client achète un article à 20 euros, il vous demande à payer cet achat 30 euros par carte bancaire. Vous pouvez alors lui rendre la différence, soit 10 euros en espèces.

Le cashback dans la législation

La loi française encadre désormais la pratique du cashback. Le Parlement a ratifié le 25 juillet 2018 la directive européenne sur les services de paiement (DSP2). Cette DSP2 a mis à jour le cadre juridique des services de paiement, prévoyant une meilleure protection des consommateurs et une sécurité optimale des données et des transactions. La pratique du cashback a ensuite été notifiée dans l’article L. 112-14 du Code monétaire et financier et les modalités d’application précisées par le décret du 24 décembre 2018.

Le cashback en pratique

Le cashback en Union européenne

Allemagne, Royaume-Uni, Belgique, Espagne… les habitants de nombreux pays de l’Union européenne bénéficient déjà du cashback dans leurs magasins. En Belgique, on estime qu’environ 5 à 6 % des paiements par carte bancaire sont réalisés par l’intermédiaire du cashback. Au Royaume-Uni, le montant moyen d’une transaction en cashback s’élève à 28 euros. Cependant, l’usage de ce système dans la zone euro reste limité à une notion de « dépannage » : le nombre de retraits d’espèces en cashback ne représente en effet que 7 % du nombre total des retraits.

Les modalités d’application du cashback

Concrètement, le cashback consiste à transformer les espèces détenues par le commerçant en opération de carte bancaire. Pour cela, le client peut de son côté à choisir une option sur le terminal bancaire « retirer de l’argent » en indiquant la somme désirée. Côté technique, les commerçants doivent notamment s’équiper d’un logiciel intégré à leur appareil de carte bancaire, outil devant faire l’objet d’une certification NF525 pour limiter les risques de fraude. Le commerçant devra également respecter des montants minimum et maximum fixés par la loi :

  • le montant minimum d’achat nécessaire en magasin pour avoir accès au retrait de liquide supplémentaire est fixé à 1 € ;
  • le montant maximum d’argent pouvant être retiré en cashback s’élève à 60 €.

Le cashback : service gratuit ou payant

La loi n’impose pas la gratuité du cashback. Les commerçants décident eux-mêmes de la facturation ou non de ce service. Cependant, la gratuité du cashback pourrait inciter plus de consommateurs à pousser les portes de vos commerces. Un service gagnant-gagnant : vous attirez une nouvelle clientèle, la fréquentation de votre boutique augmente, tout comme votre chiffre d’affaires…

Dans tous les cas, chaque commerçant proposant le cashback devra afficher les modalités dans son établissement. Il devra donc afficher, clairement et à proximité des terminaux de paiement, des éléments comme le montant minimal et maximal, la gratuité ou les frais de commission appliqués.

Pourquoi proposer le cashback ?

Les avantages du cashback pour les commerçants

On entend beaucoup parler aujourd’hui de la redynamisation des cœurs de villes. Et si le cashback participait à cette revitalisation des commerces de proximité et des magasins de centre-ville ?

Listons ensemble les aspects positifs qui pourraient se dégager de la mise en place du cashback chez les commerçants :

  • l’élargissement et la fidélisation de votre clientèle ;
  • le développement de votre chiffre d’affaires ;
  • un service de proximité supplémentaire ;
  • la redistribution de l’argent en liquide reçu des autres clients ;
  • la réduction de l’encaisse et des coûts liés à la gestion des espèces ;
  • une source de revenus complémentaire si vous choisissez de prendre une commission sur chaque opération de cashback.

À noter également que le cashback ne constitue pas une obligation ! Les commerçants ont le droit de choisir s’ils souhaitent ou non proposer ce service supplémentaire à leurs clients.

Les avantages du cashback pour les clients

Rapidité, accessibilité, sécurité, disponibilité… Le cashback facilite la vie des utilisateurs et leur fait gagner du temps. Parmi les différents types de clientèles pouvant être séduits par le cashback, citons entre autres :

  • les habitants des communes rurales, qui n’ont plus à parcourir des kilomètres pour trouver un DAB ;
  • les séniors et les personnes à mobilité réduite qui se sentent plus en sécurité dans un magasin que dans la rue ;
  • les touristes qui peuvent retirer facilement sans avoir à anticiper leurs dépenses en espèces pour la durée des vacances. D’ailleurs, les premiers tests réalisés par le groupe Casino révèlent que le cashback a été particulièrement sollicité dans les magasins situés en zones touristiques.

Problématiques liées au cashback

Le cashback dans l’air du temps ?

À l’ère du numérique, du sans contact et des paiements sur mobile, la question du cashback en 2019 peut paraître paradoxale. Mais voilà, les Français restent attachés à leurs pièces et à leurs billets, surtout pour les achats du quotidien ! Selon le Ministère de l’Économie et des Finances, le cashback répond à un véritable besoin des consommateurs. En effet, en France, la généralisation des paiements dématérialisés a plus d’effet sur l’utilisation des chèques que sur les espèces. Sans compter que les DAB restent nombreux (57 000 en France), mais répartis inégalement sur le territoire.

Problématiques liées à la circulation d’argent liquide

La circulation d’espèces n’ayant aucun lien avec un stock physique et comptabilisable chez le commerçant, le cashback pourrait entraîner certaines dérives : fraude, blanchiment d’argent, mise en circulation de billets falsifiés.

Pour pallier ces dérives liées au cashback, le décret 2018-1224 a notamment précisé des détails liés au montant qu’un client peut retirer en cashback, le plafond s’élevant à 60 € maximum.

Les commerçants ne respectant pas cette règle pourraient se voir infliger une amende de 1 500 € (pour une personne physique) à 7 500 € (pour une personne morale).

Le déploiement du cash back

Le déploiement du cashback nécessite des choix techniques. Le traitement des opérations de cashback peut être géré soit au niveau de la caisse des commerçants, soit au niveau des logiciels des terminaux de paiement. Ces évolutions techniques peuvent intervenir plus ou moins rapidement selon les prestataires auxquels vous vous adressez. Même si les opérations de cashback sont désormais légalement possibles, il faudra donc certainement encore attendre quelque temps pour qu’elles se généralisent en France.