Le cashback chez les commerçants

Publié le 8 novembre 2018

Homme à la caisse d'un commerce redonnant de l'argent liquide à un client

Le cashback arrive chez les commerçants français

Le cashback se pratique couramment dans certains pays de l’Union européenne. Ce service arrive en France, dans les magasins et commerces de proximité. Commerçants, vous pourrez ainsi délivrer de l’argent en liquide à vos clients quand ils paieront par carte bancaire !

MAPA Assurances vous en dit plus sur les modalités du cashback dans vos commerces…

Le cashback, définition

Comment ça fonctionne ?

Le terme « cashback » est l’équivalent anglais de « remise d’argent ». Il se définit par le retrait d’espèces dans les magasins, notamment dans les enseignes alimentaires et commerces de proximité. Pour retirer de l’argent liquide chez un commerçant, le client est dans l’obligation de faire un achat. Il paie un article par carte bancaire à un montant supérieur à son prix. Le commerçant lui remet alors la différence en espèces.

Exemple : votre client achète un article à 20 euros, il vous demande à payer cet achat 30 euros par carte bancaire. Vous pourrez alors lui rendre la différence, soit 10 euros en espèces.

Le cashback dans la législation

La loi française va désormais encadrer la pratique du cashback. Le Parlement a ratifié le 25 juillet dernier la directive européenne sur les services de paiement (DSP2). Cette DSP2 met à jour le cadre juridique des services de paiement. Ce texte prévoit une meilleure protection des consommateurs et une sécurité optimale des données et des transactions. Par ailleurs, un décret, dont la date n’est pas encore fixée, devrait paraître à l’automne 2018 pour préciser les modalités de la mise en place du cashback.

Le cashback en pratique

Le cashback en Union européenne

Allemagne, Royaume-Uni, Belgique, Espagne… les habitants de nombreux pays de l’Union européenne bénéficient déjà du cashback dans leurs magasins. En Belgique, on estime qu’environ 5 à 6 % des paiements par carte bancaire sont réalisés par l’intermédiaire du cashback. Au Royaume-Uni, le montant moyen d’une transaction en cashback s’élève à 28 euros. Cependant, l’usage de ce système dans la zone euro reste limité à une notion de « dépannage » : le nombre de retraits d’espèces en cashback ne représente en effet que 7 % du nombre total des retraits.

Les modalités d’application du cashback

Concrètement, le cashback consiste à transformer les espèces détenues par le commerçant en opération de carte bancaire. Pour cela, le client aura de son côté à choisir une option sur le terminal bancaire « retirer de l’argent » en indiquant la somme désirée. Mais du côté du commerçant, nous disposons de peu d’éléments concrets sur les modalités d’application du cashback, que ce soit au niveau législatif, réglementaire ou administratif. Les questions principales tournent autour du déploiement des équipements techniques. Les commerçants devront notamment s’équiper d’un logiciel intégré à leur appareil de carte bancaire, outil devant faire l’objet d’une certification NF525 pour limiter les risques de fraude. La question se pose également sur le financement des investissements informatiques nécessaires pour différencier un achat d’un retrait en cashback. En effet, le montant du retrait ne doit pas entrer dans le chiffre d’affaires du commerçant. Ces coûts seront-ils entièrement à la charge du commerçant ? Autant de questions qui restent pour le moment en suspens…

Pourquoi proposer le cashback ?

Les avantages du cashback pour les commerçants

On entend beaucoup parler aujourd’hui de la redynamisation des cœurs de villes. Et si le cashback participait à cette revitalisation des commerces de proximité et des magasins de centre-ville ?

Listons ensemble les aspects positifs qui pourraient se dégager de la mise en place du cashback chez les commerçants :

  • l’élargissement et la fidélisation de votre clientèle ;
  • le développement de votre chiffre d’affaires ;
  • un service de proximité supplémentaire ;
  • la redistribution de l’argent en liquide reçu des autres clients ;
  • la réduction de l’encaisse et des coûts liés à la gestion des espèces ;
  • une source de revenus complémentaire si vous choisissez de prendre une commission sur chaque opération de cashback.

À noter également que le cashback ne sera pas une obligation ! Les commerçants auront le droit de choisir s’ils souhaitent ou non proposer ce service supplémentaire à leurs clients.

Les avantages du cashback pour les clients

Rapidité, accessibilité, sécurité, disponibilité… Le cashback facilite la vie des utilisateurs et leur fait gagner du temps. Parmi les différents types de clientèles pouvant être séduits par le cashback, citons entre autres :

  • les habitants des communes rurales, qui n’auront plus à parcourir des kilomètres pour trouver un DAB ;
  • les séniors et les personnes à mobilité réduite qui se sentiront plus en sécurité dans un magasin que dans la rue ;
  • les touristes qui pourront retirer facilement sans avoir à anticiper leurs dépenses en espèces pour la durée des vacances. D’ailleurs, les premiers tests réalisés par le groupe Casino révèlent que le cashback a été particulièrement sollicité dans les magasins situés en zones touristiques.

Le cashback : des questions encore en suspens…

Le cashback, un service gratuit

La loi n’imposera pas de décision sur la gratuité du cashback. Les commerçants conviendront eux-mêmes de la facturation ou non de ce service. Cependant, la gratuité du cashback pourrait inciter plus de consommateurs à pousser les portes de vos commerces. Un service gagnant-gagnant : vous attirez une nouvelle clientèle, la fréquentation de votre boutique augmente, tout comme votre chiffre d’affaires…

Le cashback dans l’air du temps ?

À l’ère du numérique, du sans contact et des paiements sur mobile, la question du cashback en 2018 peut paraître paradoxale. Mais voilà, les Français restent attachés à leurs pièces et à leurs billets, surtout pour les achats du quotidien?! Selon le Ministère de l’Économie et des Finances, le cashback répond à un véritable besoin des consommateurs. En effet, en France, la généralisation des paiements dématérialisés a plus d’effet sur l’utilisation des chèques que sur les espèces. Sans compter que les DAB restent nombreux (57?000 en France), mais répartis inégalement sur le territoire.

Problématiques liées à la circulation d’argent liquide

La circulation d’espèces n’ayant aucun lien avec un stock physique et comptabilisable chez le commerçant, le cashback pourrait entrainer certaines dérives : fraude, blanchiment d’argent, mise en circulation de billets falsifiés.

Pour pallier ces dérives liées au cashback, un décret précisera à l’automne 2018 certains détails concernant sa mise en application :

  • le montant minimum d’achat nécessaire en magasin pour avoir accès au retrait de liquide supplémentaire ;
  • le montant maximum d’argent pouvant être retiré en cashback (Bercy évoque une fourchette entre 100 et 150 euros maximum).

À quand la mise en place du cashback ?

La publication du décret reste pour le moment en attente. De plus, le déploiement du cashback nécessitera des choix techniques. Le traitement des opérations de cashback pourra être géré soit au niveau de la caisse des commerçants, soit au niveau des logiciels des terminaux de paiement. Ces évolutions techniques pourront prendre plusieurs mois avant que le cashback ne se généralise. Le dispositif ne sera donc certainement pas opérationnel avant le début de l’année 2019.