Métiers de bouche : comment gérer au mieux le travail au froid ?

Publié le 21 décembre 2017

Commerçante portant un bonnet entrain de vendre des légumes à un client au marché extérieur

Perte de dextérité, fatigue accrue, stress amplifié… avez-vous déjà ressenti ces symptômes au contact du froid sur votre lieu de travail ? Lorsque la température est inférieure à 5°C, la vigilance est (encore plus) de rigueur.

Sommaire : 

I. Risques thermiques liés au froid : quelles conséquences sur l’organisme ?

II. Travail au froid : des risques traumatiques élevés

III. 4 conseils pour lutter contre le froid

  1. Couvrez-vous (correctement…)
  2. Buvez chaud (mais pas trop !)
  3. Mangez bien (féculents, protéines et vitamines)
  4. Soyez en mouvement

« Certes. Toutefois, l’organisme ne dispose-t-il pas de mécanismes permettant au corps de retenir la chaleur ? », m’interrogeriez-vous avec raison. Les frissons, par exemple, peuvent augmenter la production de chaleur de l’organisme jusqu’à 500 % ! Cependant, ces mécanismes sont profitables uniquement lors d’une exposition au froid de courte durée et peu intense.

Pour les professionnels, des métiers de bouche notamment, de nombreuses situations de travail imposent une exposition prolongée à des températures négatives. Mauvaise nouvelle : votre corps peine à se réchauffer et risque l’hypothermie. Comme chacun perçoit et réagit différemment au froid, il est donc essentiel de comprendre les signaux envoyés par votre organisme afin de prévenir les risques pour votre santé.

  

Risques thermiques liés au froid : quelles conséquences sur l’organisme ?

Naturel ou artificiel, le froid a un impact négatif sur votre santé. Baisse de votre vigilance mentale, perte de dextérité, engourdissements, assoupissements… Ces facteurs peuvent entrainer des accidents, en plus d’endommager votre organisme.

Plus fréquentes, les infections ORLS. En raison de l’atmosphère froide ou humide de votre espace de travail, vous êtes la proie idéale des microbes et des virus entrainant :

  • Rhume,
  • Rhinite,
  • Otite,
  • Grippe,
  • Angine,
  • Sinusite,
  • Pharyngite,
  • Rhino-pharyngite,
  • Bronchite,
  • Laryngite.

L’infection vous fragilisant, l’effort physique est plus difficile et la qualité de votre travail peut en être altérée. Au sein d’un climat froid et humide, propice à l’aggravation de l’infection, la guérison est nettement ralentie. Aussi, il est toujours utile de combattre une petite baisse de forme dès les premiers symptômes.

 

Travail au froid : des risques traumatiques élevés

Le froid peut provoquer de nombreuses lésions physiques cutanées et/ou lésions ostéo-articulaires. Des blessures peuvent survenir, telles que :

  • Contusion,
  • Foulure,
  • Entorse,
  • Fracture,
  • Plaie cutanée,
  • Hémorragie.

Au contact du froid, une simple salissure de déchets ou de liquides (graisse, sang) devient dangereuse. Elle gèle et multiplie le risque de glissade de plain-pied. C’est ce qu’on appelle une blessure indirecte.

Les gelures et les crampes sont, quant à elles, des blessures directes. En fonction de la sensibilité de la personne et de son niveau d’exposition au froid, celles-ci peuvent être plus ou moins importantes. Vos orteils ou vos doigts virent au rouge violacé ? Vous souffrez très certainement d’engelures. Ces plaies cutanées provoquent de fortes douleurs, entraînant des phlyctènes et/ou des crevasses.

Les troubles musculo-squelettiques (TMS)… en avez-vous déjà entendu parler ? Ils regroupent plusieurs pathologies liées aux nerfs, aux tendons et aux muscles. Ces troubles, principalement causés par un manque de repos, par des mouvements répétitifs ou des postures extrêmes, s’intensifient sous l’effet de températures très (trop) basses.

Enfin, l’hypothermie. Voici le risque n°1. Le plus dangereux. Liée à une exposition directe et prolongée au froid, l’hypothermie peut entrainer des troubles de la conscience, le coma ou le décès dans les cas les plus extrêmes. La cause ? Les mécanismes de votre organisme ne parviennent pas toujours à réguler la température de votre corps. Si tel est le cas, et que votre température corporelle descend sous la barre des 35°C, vous entrez en hypothermie. Pour se prémunir, soyez simplement attentifs. Apparition de frissons, coup de fatigue, propos incohérents, perte de repères sont autant de signaux à prendre en considération.

 

4 conseils pour lutter contre le froid

La solution la plus efficace pour éviter de souffrir du froid semble, naturellement, de réduire son temps d’exposition à des températures trop basses. Toutefois, lorsque l’activité professionnelle l’exige, impossible d’y échapper. Comment dans ce cas se prémunir des risques d’accidents ou d’infections ?

1.     Couvrez-vous (correctement…)

« Merci du conseil, je le savais déjà. », êtes-vous en train de penser. Toutefois, l’important est de vérifier que vous êtes assez couverts. Contrairement à l’idée, souvent répandue, que le froid se combat grâce à un vêtement bien épais (et donc bien chaud), l’idéal est de porter plusieurs couches. La méthode reconnue la plus efficace consiste à superposer a minima 3 couches de vêtements.

Certains vêtements techniques permettent notamment de réduire les effets de condensation pour offrir une protection thermique optimale. Pensez également à protéger correctement votre tête et vos mains.

 

2.     Buvez chaud (mais pas trop !)

Boire chaud contribue au réchauffement de votre corps. Soupes, cafés, tisanes, thés entre autres seront vos meilleurs alliés pour lutter contre le froid. Pensez donc à prendre votre Thermos avec vous avant de partir de la maison.

Attention ! Ne buvez pas trop chaud. Certes, boire une boisson très chaude vous procurera immédiatement une sensation de chaleur. Toutefois, votre organisme va transpirer pour réguler votre température corporelle et, de façon naturelle, se refroidir. Trouvez donc le juste milieu entre une boisson brûlante et une boisson froide.

 

3.     Mangez bien (féculents, protéines et vitamines)

Le saviez-vous ? Parmi les aliments que vous consommez, 20 % se transforment en chaleur. Bien se nourrir permet donc de lutter efficacement contre le froid. Les féculents par exemple sont des aliments plutôt longs à digérer. Pratique pour un apport de chaleur en continu. Grâce aux apports nutritifs combinés des féculents, des protéines et des vitamines, vous réchauffez naturellement votre corps au cours de la phase de digestion, et contribuez ainsi la bonne santé de votre organisme.

Suggestion du chef : les épices, à ajouter dans vos plats. Le gingembre et le piment, par exemple, participent à prévenir le rhume et autres infections.

 

4.     Soyez en mouvement

Bouger est le moyen le plus naturel de se réchauffer. Pensez à solliciter régulièrement vos doigts, poignets, orteils et chevilles afin de favoriser la circulation du sang.

À noter que pratiquer une activité sportive est un parfait remède pour accroître sa condition physique et être plus résistant face au froid.