La surexposition des jeunes enfants aux écrans

Publié le 14 juin 2017

Jeune fille devant un écran d'ordinateur

Nous vivons aujourd’hui dans un monde hyper-connecté, hyper « informé » (où l’on parle même de surcharge informationnelle), dans lequel nous recevons chaque jour un flot de données… via de multiples écrans. Une omniprésence des écrans, qui n’est pas sans conséquences, notamment chez les plus jeunes.

La multiplicité des écrans dans notre quotidien

Alors qu’il y a encore moins de deux décennies, le seul écran de la maison était souvent celui de la télévision, et l’ordinateur, encore imposant, était lui réservé à un usage limité, nous avons aujourd’hui des écrans partout ou presque. Dans le salon, dans la poche, dans les lieux publics, au bureau. Cet avènement de « l’ère des écrans » modifie les habitudes des adolescents et jeunes enfants.

  • Le temps passé devant la télévision se réduit, au profit notamment des services de streaming et des sites de vidéos en ligne. Nous consommons plus de vidéos par jour que de fruits et légumes !
  • Le taux d’équipement en smartphone des adolescents est impressionnant : 90 % des 18-24 ans ont un smartphone. Pour les 12-17 ans, ce taux est de 81 % selon le CREDOC.

Les effets néfastes des écrans sur les enfants

Selon plusieurs études, et notamment le rapport très complet de l'Académie américaine de pédiatrie (AAP), plusieurs conséquences directes sont issues de l’exposition répétée aux écrans chez les jeunes, sur la santé, mais aussi sur les relations sociales : 

  • L’obésité : regarder un écran ne fait pas « grossir ». Mais manger devant un écran, assimiler des calories et ne pas se dépenser, augmente le risque d’obésité.
  • La dépression : sur les écrans, les réseaux sociaux donnent à voir des publications d’autres « ados », avec qui la comparaison est facile. Il existe alors un risque bien réel de dépression, en agissant de manière passive et en consommant ces contenus.
  • Des troubles du sommeil : la luminosité d’un écran est forte, même réglée au minimum, et a pour défaut de modifier notre horloge interne en cas d’exposition répétée, notamment avant de dormir.
  • Une exposition accrue à l'alcool, au tabac et au sexe : l’étude américaine de l’AAP note un rajeunissement dans les premières expériences avec l'alcool, le tabac et le sexe, du fait d’une exposition croissante aux marques et aux messages publicitaires.

Mieux protéger les enfants des dérives

Dans une tribune du journal Le Monde, des professionnels de la santé et de la petite enfance indiquent leur constat : « Nous recevons de très jeunes enfants stimulés principalement par les écrans, qui, à 3 ans, ne nous regardent pas quand on s’adresse à eux, ne communiquent pas, ne parlent pas, ne recherchent pas les autres, sont très agités ou très passifs ». Témoignage à lire en intégralité ici.

Comment mieux protéger les enfants ? Quelles solutions pour les tenir à l’écart de ces dérives ? Il convient dans un premier temps d’épargner les plus jeunes (moins de 18 mois) en évitant toute exposition aux écrans. Ensuite, il est possible de faire découvrir certains programmes, de qualité, en accompagnant toujours l’enfant, et en lui expliquant ce qu’il voit à l’écran. Enfin, dès le plus jeune âge, il faut imposer des limites de temps, et créer des moments de déconnexion, pour toute la famille.