Le smartphone, ennemi de la santé mentale de nos ados ?

Publié le 11 avril 2018 - Modifié le 22 mai 2018

Adolescents sur smartphone

La dépendance au smartphone chez les adolescents et les impacts sur leur santé mentale

Dépression, anxiété, insomnie. Le compagnon du quotidien des adolescents, le smartphone, n’est pas qu’un ami qui leur veut du bien. Plusieurs études montrent les travers des téléphones portables et l’addiction qu’ils peuvent générer. Entre pathologies nouvelles et troubles de santé déjà connus, le téléphone portable est un outil dont il faudrait probablement réguler l’usage.

Le smartphone consulté 50 fois par jour par les 18-24 ans

Les téléphones portables (smartphones) sont entrés dans notre quotidien, et notamment celui des adolescents, grands consommateurs d’internet mobile (77 % des Français sont équipés, ce qui en fait le premier appareil électronique en volume). Manger, dormir, travailler. Tout ou presque se fait en compagnie du smartphone, devenu quasi indispensable. Dans une journée, les Français consultent leur smartphone en moyenne 26,6 fois par jour. Chez les jeunes de 18 à 24 ans, ce chiffre grimpe à 50 fois par jour. En attendant le bus, dans le bus, aux repas, le soir, la nuit…

Quel problème à avoir son téléphone dans la poche ou à l’oreille ? Il existe de nombreux troubles qui apparaissent chez les utilisateurs trop addicts à leur smartphone. Au-delà des dangers supposés à cause des ondes et de l’exposition prolongée du cerveau au combiné, des pathologies spécialement associées aux mobiles sont nées.

La santé des adolescents menacée par les smartphones

Selon une étude réalisée par le docteur Hyung Suk Seo, de l’Université de Corée, à Séoul, le smartphone favorise la dépression, l’anxiété et l’insomnie chez les adolescents. Cela est provoqué par un taux anormalement élevé de deux neurotransmetteurs :  le GABA, qui inhibe ou ralentit les signaux du cerveau, et le glutamate-glutamine, qui provoque l’excitation électrique des neurones.

L’addiction au smartphone provoque un déséquilibre chimique dans le cerveau et les chercheurs préconisent une « thérapie comportementale ». Il faut même parler de nouveaux troubles liés directement aux mobiles, qui peuvent toucher les adolescents :

  • Le syndrome de la sonnerie fantôme : un phénomène très sérieux, que plusieurs scientifiques étudient. Il s’agit de la sensation que notre téléphone portable vibre, alors que ce n'est pas le cas.
  • La nomophobie : la peur excessive d'être séparé de son téléphone mobile. Elle se développe chez les utilisateurs les plus accros, qui ne s’imaginent pas sans leur mobile.
  • La peur de manquer quelque chose (FOMO, fear of missing out) : une peur liée à la multiplication des notifications et autres alertes qui sont légion sur les smartphones. La simple idée de les manquer suscite une angoisse forte pour les plus connectés.

La surexposition aux écrans est aussi un problème chez les enfants

Comment limiter ces troubles ? Comment protéger les adolescents des dérives que peuvent apporter les smartphones ? En régulant l’usage : le soir notamment, la consultation moins d’une heure avant de se coucher est néfaste pour l’endormissement. En journée, il convient aussi d’avoir une utilisation « modérée » et d’apprendre à se déconnecter. Difficile, car pour deux Français sur cinq âgés de 18 à 24 ans, il se passe moins de cinq minutes entre le réveil et le premier coup d’œil à un téléphone portable