Burn out : « N’attendez pas d’aller mal pour agir ! »

Publié le 26 octobre 2018 - Modifié le 29 octobre 2018

Danièle Crouzet, ex-dirigeante de boulangerie

Selon la Haute Autorité de Santé (HAS), « le syndrome d’épuisement professionnel, équivalent en français du terme anglais burnout, se traduit par un épuisement physique, émotionnel et mental qui résulte d’un investissement prolongé dans des situations de travail exigeantes sur le plan émotionnel. »

Lorsqu’il est diagnostiqué tardivement, il peut avoir de lourdes conséquences sur la vie professionnelle et personnelle de la personne qui en souffre. Danièle Crouzet, ex-dirigeante d’entreprise dans le secteur de la boulangerie, nous fait part de son expérience.

Semaine de prévention contre le burn out 2018

Burn out : ces signes qui ne trompent pas

D’après une étude réalisée par le cabinet d’expertise Technologia en 2014, un artisan, commerçant ou chef d’entreprise sur cinq serait « en situation de travail excessif et compulsif » et présenterait un surengagement pathologique conduisant à un risque élevé de développer un burn out. Pourquoi ces professionnels sont-ils plus exposés que les autres ?

Parce qu’ils sont bien souvent « seuls face aux responsabilités et aux décisions à prendre » affirme Danièle Crouzet, ex-dirigeante d’une boulangerie au positionnement commercial haut de gamme. Pour elle, « le travail était un moyen de s’épanouir, de créer des liens et de progresser dans la vie. » Elle aimait le contact humain, l’exigence de son activité, le défi permanent qu’elle représentait et la remise en question que cela impliquait.

En 2015, pourtant, la pression générée par les responsabilités humaines et financières a eu raison de son enthousiasme et de sa détermination. « Je n’arrivais plus à gérer mon temps, à prioriser les actions. J’avais des trous de mémoire, ne parvenais plus à trouver le sommeil et pleurais fréquemment, sans comprendre pourquoi. Durant mes insomnies, je ruminais et, en fin de nuit, j’étais comme en veille à l’affut du moindre problème. J’avais des problèmes de dos et des troubles hépatiques. C’était une spirale infernale ! »

Le diagnostic était sans appel : Danièle faisait un burn out. Pourtant, il lui a fallu du temps pour le reconnaître. « Je n’ai pas vu, ou n’ai pas voulu voir, les signes se multiplier », avoue-t-elle. « Je pensais que ça ne pouvait pas m’arriver. J’étais quelqu’un de solide et d’expérimenté mais un jour je me suis écroulée et n’ai pas pu me relever. »

Une indispensable reconstruction

La reconstruction fut longue mais petit à petit, Danièle a su redonner un sens à sa vie. Elle a mis un terme à son activité de chef d’entreprise en boulangerie et a suivi un master en psychologie de la santé et du travail.

« Cette formation m’a éclairée sur les compétences multidisciplinaires dont les entreprises ont besoin en matière de santé au travail. À présent, j’accompagne les dirigeants afin qu’ils prennent conscience, à temps (contrairement à moi), que le risque d’épuisement professionnel existe bel et bien. Je les guide pour créer une dynamique autour du bien-être physique et psychologique en entreprise, à l’aide de méthodes facilement applicables dans leur quotidien. »

Parce que le burn out n’arrive pas qu’autres autres, Danièle a décidé de mettre son expérience au service du plus grand nombre. Sa devise ? « Mieux vaut prévenir que guérir ! » Si elle ne s’est jamais accordé le droit d’être épaulée lorsqu’elle dirigeait sa boulangerie, elle reconnaît aujourd’hui volontiers que savoir solliciter de l’aide est une force qui témoigne de notre capacité d’adaptation. « N’attendez pas d’aller mal pour réagir, écoutez-vous », conclut-elle !

Semaine de prévention contre le burn out 2018