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50 ans du MIN de Rungis : la Silicon Valley de la gastronomie française

Publié le 29 août 2019 - Modifié le 11 septembre 2019

Francis Fauchère, dirigeant d’Eurodis, et sa fille

L’année 2019 est l’opportunité de célébrer le 50e anniversaire de l’installation du marché d’intérêt national (MIN) à Rungis. À cette occasion, faisons connaissance, en compagnie de Francis Fauchère et de José Barbera, du premier marché de produits frais du monde !

Les festivités ont débuté en novembre dernier et dureront un an : le 50e anniversaire du MIN de Rungis prend les allures d’une grande fête aux dimensions exceptionnelles. Ici, à Rungis, tout le monde se tutoie, le commerce est roi, mais le produit est la star. Sous différents pavillons (bâtiments de vente) se côtoient les grossistes en fruits et légumes, poissons et crustacés, viandes, produits laitiers… qui nourriront un Français sur quatre.

Déchargement de semi-remorques, ouverture des colis, préparation des commandes, transactions avec les acheteurs… cette plaque tournante de l’alimentation est en effervescence plutôt la nuit, vers 3 heures du matin, où affluent les commerçants de toute la région parisienne, mais aussi de province et de l’international. À 7 heures, alors que la plupart d’entre nous se lèvent pour aller travailler, le calme revient.

Le MIN : un écosystème en constante évolution

C’est en 1969 que s’est organisé le plus grand déménagement du siècle : quelque 1 000 entreprises de gros et 20 000 personnes ont en effet quitté les Halles de Paris pour venir s’installer à Rungis. Le feu vert avait été donné dix ans plus tôt par le Premier ministre du général de Gaulle, Michel Debré. Cinquante ans plus tard, le MIN démontre toujours sa vitalité : chaque année, quelque 1 200 entreprises, installées sur 234 hectares, font transiter près de 3 millions de tonnes de produits alimentaires représentant un chiffre d’affaires annuel de 9,4 milliards euros*. De nouveaux travaux d’aménagement sont d’ailleurs en cours : « Le MIN est en constante évolution, commente José Barbera qui travaille depuis 40 ans sur le site, d’abord comme employé, puis comme dirigeant d’Agruban, entreprise grossiste en fruits et légumes. On ne peut pas exercer ailleurs notre métier qu’à Rungis ! »

José Barbera, dirigeant d'Agruban

José Barbera, dirigeant d’Agruban

Si le marché appartient à l’État, il est géré par une société d’économie mixte, la Semmaris. C’est elle qui veille au rayonnement du MIN. En 2015, a été construite la plus grande halle bio d’Europe, complétée par une offre sans allergène (gluten, lactose, oeuf, soja) ; le marché s’est développé à l’international avec, notamment, la création de marchés de gros sous licence au Bénin, au Kazakhstan, en Russie ou même au Viêt-Nam ; la marketplace, RungisMarket.com, a permis d’apporter une vision digitale du marché, avec l’achat de produits frais en ligne ; la Rungis académie, nouvelle école des métiers de bouche doublée d’une résidence de 150 places pour apprentis, ouvrira ses portes en 2020.

« Rungis c’est le pôle d’attraction où il faut être »

Avec sa réputation mondiale, son accessibilité – Rungis à 7 km de Paris est desservi par le tramway, et est situé à deux pas de la sortie de l’A6 et de l’aéroport d’Orly – et surtout ses infrastructures particulièrement adaptées au secteur alimentaire, le MIN est le lieu de rêve pour s’installer. Francis Fauchère, président d’Eurodis depuis 1996, mais également président des grossistes en viandes de Rungis, confirme l’attraction sans pareille du site, où il souhaitait absolument exercer dès ses débuts dans la vie active. « À l’époque, raconte-t-il, nous ne pouvions pas nous installer n’importe où : il y avait un “périmètre de protection” en région parisienne. » Bien que n’ayant pas d’argent en poche, il fait tout pour reprendre l’entreprise de son patron qui a déjà « pignon sur rue » à Rungis. Son souhait le plus cher se réalise : « Rungis c’est le pôle d’attraction où il faut être. Le monde attire le monde : il vaut mieux être ici, au milieu de ses concurrents qu’au fin fond de la France. Ici, vous disposez de toute la logistique, des infrastructures… et de l’écosystème Rungis : grâce à la diversité de produits d’exception, viandes, légumes, fleurs… les commerçants ne sont pas contraints de faire de multiples déplacements. Quand vous venez à Rungis, vous avez tout sous la main : boucherie, légumes, fleurs, fromages… C’est une chance, et c’est tout l’intérêt du marché. »

L’installation au MIN : privilège ou piège ?

Mais justement, est-il si facile de s’installer, de devenir « opérateur du marché » ? Reste-t-il des places ? À cela Francis Fauchère répond : « Il reste des emplacements : récemment un groupe a racheté trois entreprises sous pavillon. Mais pour s’installer, cela peut être compliqué, c’est un gros investissement au départ : il faut monter les infrastructures, avoir l’agrément, trouver du personnel… d’ailleurs, c’est cela le plus compliqué aujourd’hui : trouver du personnel compétent et qui accepte les horaires de Rungis. »

José Barbera qui travaille depuis 40 ans sur le site, d’abord comme employé, puis comme dirigeant d’Agruban, entreprise grossiste en fruits et légumes, explique. « S’installer sur le MIN, c’est se simplifier la vie. Quand on s’installe, on n’est pas obligés de passer devant le notaire, car nous ne sommes pas tout à fait propriétaires de notre fonds de commerce : nous devons régler un droit de première accession à l’installation, puis un loyer annuel selon l’activité et les services fournis. » La Semmaris s’occupe ensuite de tout : c’est à elle que les entreprises s’adressent pour l’entretien des équipements, les fournitures d’eau, d’électricité… Elle propose même des services additionnels comme la collecte des emballages.

Devantures de l'accueil du MIN, de la SEMMARIS et de l'agence MAPA de Rungis

Francis Fauchère approuve et apprécie la praticité des lieux : « Lorsqu’un client a besoin d’être livré à Bordeaux, à Nice… on dit tout de suite oui, car nous avons toute la logistique à nos pieds pour répondre aux demandes. Moi qui ai travaillé dans un groupe industriel en province, je peux dire aujourd’hui que nous disposons d’outils extraordinaires ici ! » Il faut dire que la fédération, dont il est le président, a profité du lieu pour mettre en place une organisation particulière, permettant la mutualisation de la facturation, la gestion des comptes clients, l’informatique… « Tous les acteurs de la fédération présents à Rungis sont actionnaires et administrateurs de cette structure : cela nous permet d’allouer des moyens qu’on ne pourrait pas offrir individuellement. C’est non seulement moins cher pour chacun de nous, mais beaucoup plus performant aussi. On fait la même chose pour le transport : si trois entreprises doivent livrer dans une même rue de Paris, c’est un seul camion qui livrera. Nous sommes douze opérateurs sous pavillon, vous imaginez la multiplication des petits camions qui livreraient si nous n’avions pas mis cela en place ? Avec l’échéance Grand Paris qui approche, cette démarche est tout à fait bienvenue… »

José Barbera tient toutefois à rester mesuré, rappelant quelques contraintes liées au règlement intérieur du MIN : « Nous avons des devoirs à respecter sur le MIN, on ne fait pas ce qu’on veut. On ne fait pas de travaux sans en référer à la Semmaris. C’est un bel outil de travail, mais nous ne sommes pas des “enfants gâtés”. Lorsque par exemple un sprinklage est changé et s’il n’est pas de qualité, nous devons le changer à nos frais. De plus, on ne peut pas vendre notre emplacement sans que la Semmaris valide cette vente. »

Des contreparties toutefois que chacun accepte face à l’attractivité de la « plus grande table du monde ». D’autant que, comme le soulignent les deux entrepreneurs : « Banque, assurance, intérim, pompes à essence, fournisseurs annexes… on a tout sous la main. Quand on est patron de PME, que l’on gère “tout”, on a besoin de services annexes performants à proximité. » Une bonne raison pour la MAPA d’être présente sur le site

*Chiffres Semmaris, 2018

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