Le point sur les médicaments à risques

Publié le 5 avril 2018 - Modifié le 12 avril 2018

Femme entrain de prendre un comprimé avec un verre d'eau

Reprenant les données publiées par la revue médicale indépendante Prescrire, l’UFC Que Choisir vient de pointer du doigt pas moins de 82 médicaments à risques. Pour leurs effets secondaires, ou parce qu’ils sont potentiellement dangereux, ces derniers sont à utiliser avec la plus grande vigilance. Le point sur ces médicaments et sur la conduite à tenir en cas de doute.

Quels sont les médicaments à risques et leurs effets secondaires ? 

Quand certains médicaments sont « à écarter »

En Janvier 2017, l’UFC Que Choisir a publié une liste de « médicaments à écarter », mise à jour par la revue médicale Prescrire. Cette enquête révèle qu’ils n’ont « pas leur place sur le marché français ». Ceci, en raison d’un rapport bénéfice-risque défavorable. En clair, ces 82 médicaments sont plus dangereux que bénéfiques pour la santé. Et étonnement, figurent sur cette liste noire de nombreux produits couramment utilisés.

Décongestionnants, anti-nauséeux… attention !

Bien qu’ils semblent anodins, certains médicaments seraient à utiliser avec beaucoup de précaution. C’est notamment le cas de la pseudoéphédrine. Ce décongestionnant entre dans la composition de nombreux médicaments anti rhume, y compris ceux vendus sans ordonnance (en savoir plus sur l'automédication). Or, la pseudoéphédrine expose à des troubles vasculaires graves, plus particulièrement si elle est utilisée par des personnes à la santé fragile.

Autre exemple, le dompéridone. La molécule du motilium, parfois prescrite en cas de gastroentérite est, elle aussi, pointée du doigt. Cette dernière peut, en effet, être à l’origine de troubles cardiaques et de morts subites. Le tout, pour un bénéfice dans le traitement très limité.

Côté ophtalmologie, la ciclosporine en collyre (Ikervis), prescrite en cas de sécheresse oculaire avec kératite sévère serait aussi à éviter. Ses effets immuno-dépresseurs sont soupçonnés de provoquer des cancers oculaires. De plus, leur efficacité par rapport à d’autres collyres sans ciclosporine n’est pas démontrée.

Enfin, citons également le cas de différents médicaments anti-Alzheimer, dont l’intérêt médical est désormais reconnu comme « insuffisant » par l’HAS (Haute Autorité Sanitaire).

Une liste qui ne cesse de s’allonger

La revue Prescrire indique que la grande majorité des médicaments dangereux signalés dans les précédentes études sont toujours en vente. De plus, cette année, de nouveaux noms viennent encore gonfler la liste :

- Plusieurs antidépresseurs : le citalopram (Seropram) et l’escitalopram (Seroplex). Ils exposent à un surcroît de risques cardiaques.

- Le diclofénac (Voltarène) et l’acéclofénac anti-inflammatoires non stéroïdiens prescrits dans des douleurs articulaires et rhumatismales, entorses et contusions. Ces médicaments exposent à des effets indésirables cardio-vasculaires graves.

- Le défibrotide (Defitelio), antithrombotique utilisé pour la prévention et le traitement de la maladie veineuse hépatique dans le cadre d’une greffe de cellules souches. Lui aussi aurait une efficacité trop incertaine, au regard des effets indésirables, notamment hémorragiques.

Comment savoir quels médicaments sont dangereux ?

La liste complète des médicaments à écarter est directement consultable sur le site Prescrire.org. Ces médicaments sont classés selon les classes thérapeutiques : cancérologie-hématologie, diabétologie-nutrition, gastro-entérologie, gynécologie, endocrinologie etc. Pour chaque médicament, Prescrire explique pourquoi la balance bénéfice-risque est jugée défavorable.

Médicaments : que faire en cas d’effets indésirables ?

Tout médicament a des effets bénéfiques, mais aussi des effets indésirables : c'est l'iatrogénèse (auparavant nommée iatrogénie) médicamenteuse. L’utilisation des médicaments peut effectivement entraîner un certain nombre d’effets indésirables, indiqués dans la notice et parfois, non répertoriés. De plus, des interactions médicamenteuses sont possibles. Ils peuvent provenir du médicament lui-même, de son association avec un autre médicament, de son incompatibilité avec le malade ou d'une erreur de prise.

Si vous présentez des symptômes et que vous suspectez l’incrimination d’un médicament dans la survenue d’effets indésirables, il est important de le signaler d’abord à votre médecin (ou au centre de pharmacovigilance le plus proche). Faites le point sur l’ensemble des médicaments qui vous ont été prescrits. Le médecin incriminera ou non le traitement et vous fournira des explications sur les signes présentés. Après analyse de la situation, c’est à votre médecin d’évaluer s’il faut poursuivre ou non ce traitement, et s’il y a des précautions à prendre. Attention, n’arrêtez jamais un traitement de votre seule initiative, sans en référer, au préalable, à votre médecin traitant. Ce geste peut en effet entraîner des effets non désirables potentiellement graves et difficiles à traiter par la suite.

Prise de médicaments et effets sur la conduite

Un certain nombre de médicaments se révèlent dangereux pour les conducteurs. En effet, ces derniers peuvent :

  • contenir des substances psychoactives altérant les facultés,
  • entraîner des effets indésirables ayant un retentissement sur la conduite,
  • interagir avec d’autres traitements, l’alcool ou encore la fatigue.

De nombreux médicaments altèrent la vigilance et favorisent la somnolence. Or, cet effet sédatif est responsable de la majorité des accidents causés par la prise de médicaments.

D’autres médicaments ont des effets stimulants. Ils provoquent une euphorie risquant de diminuer la conscience du danger et d’amener à une prise de risque plus importante.

Enfin, certaines molécules entraînent des troubles de la vision, des nausées, des vomissements et autres effets comparables à ceux de la drogue ou de l’alcool. Leur prise est donc fortement déconseillée, au volant.

Des pictogrammes de prévention sur les emballages

Afin d’éviter d’utiliser des médicaments ayant des effets sur la conduite, vérifiez leurs emballages. Depuis 1999, certains d’entre eux comportent un petit pictogramme représentant une automobile dans un triangle. Depuis 2005, les autorités ont remplacé ce symbole par trois pictogrammes de couleur différente, selon le degré d’influence du médicament sur la capacité à conduire. Soyez vigilant : ces pictogrammes sont présents sur un tiers des boites de médicaments !

  • Médicaments de niveau 1 (pictogramme sur fond jaune). Les risques sont relativement faibles mais incitent à la prudence. Lisez attentivement la notice.
  • Médicaments de niveau 2 (pictogramme sur fond orange). Soyez très prudent. Ne conduisez pas sans l’avis d’un professionnel de santé.
  • Médicaments de niveau 3 (pictogramme sur fond rouge). Danger, ne pas conduire. Pour la reprise de la conduite, demandez au préalable l’avis de votre médecin. 

A noter. Aujourd’hui, près de 3% des accidents de la route sont dus à la prise de médicaments par le conducteur. Attention, quelques dixièmes de seconde de retard au niveau des réflexes peuvent avoir de très graves conséquences.

 

La prise de médicaments n’est jamais anodine. En cas d’effet indésirable ou de doute, demandez toujours l’avis de votre médecin ou de votre pharmacien.